Conférence

Rendez-vous de l’Histoire de Blois.

Faiblesse du débat parlementaire national ; et plus généralement, au sein de la société française – sur Internet, dans les médias -, brutalisation de la communication, des échanges, des discussions.

Au vu de ces constats, notre système démocratique apparaît menacé.

Est il plus difficile de débattre en France aujourd’hui qu’hier ?

Cette conférence présentée à l’occasion des Rencontres de l’Histoire de Blois, nous offre  l’opportunité de réfléchir aux divers aspects de ce problème.

Réfléchir sur l’ambition, l’espoir nourri au Siècle des Lumières qui consistait à créer un espace public où la liberté aurait favoriser la circulation des savoirs, la concorde entre les individus.

Hélas, déjà à cette époque, l’idéal se confrontait à la (dure) réalité : « Toute société est éclairée par des philosophes et trompée par des charlatans. » résumait Montesquieu tandis que Rousseau constatait dans un de ses discours : « Le public est trompé, je le vois, je le sais, mais il se plaît à l’être et n’aimerait pas à se voir désabuser. »

Responsabilité collective, responsabilité individuelle.

La question n’est plus seulement :  « Peut-on débattre ? » mais « A-t-on encore envie de débattre ? »

LE DEBAT FRATERNEL

En loge, les francs-maçons s’expriment et débattent très souvent : ces discussions sont à la fois très libres sur le fond et très codifiées sur la forme. L’objectif consiste à privilégier l’échange d’idées sans « foire d’empoignes », sans jugement de valeur.

Concrètement, dans le rituel maçonnique, on ne prend pas la parole, on la demande. On ne répond pas directement à l’orateur, on ne cherche pas à avoir raison ; on apporte des informations, on donne son point de vue à l’ensemble de la loge.

Nous écoutons, réfléchissons, apprenons et nous exprimons ensemble. Et lorsqu’une sœur ou un frère se lève pour parler, il a en tête le principe du respect de l’autre.

La notion de fraternité permet aussi de pacifier les débats ; en effet, lorsqu’elle est vécue sincèrement (ce qui n’est pas toujours le cas)  la franc-maçonnerie amène à considérer les sœurs et les frères comme faisant partie de notre propre famille. Et quand il s’agit de « l’un des siens », chacun est plus enclin à l’écoute, la conciliation et l’indulgence. ▲

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